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Niderviller

NIDERVILLER

 

Le 6 décembre 1770, le baron Jean-Louis de Beyerlé vendait la manufacture de céramique de Niderviller (Moselle), qu'il avait fait construire an 1754, à un autre aristocrate, le comte Adam Philippe de Custine. Peu versé dans l'art de la céramique, le nouveau propriétaire eut la sagesse de laisser à la tête de la fabrique le directeur nommé par Beyerlé dès 1754, François Antoine Anstett. Ce dernier, formé chez Paul Hannong devait conserver son poste jusqu'en 1778. Son successeur François Lanfrey, chimiste originaire de Strasbourg assuma la direction jusqu'en 1793, date à laquelle le malheureux Custine fut guillotiné. la manufacture, comme les autres avoirs, furent déclarés "biens nationaux" et mis à l'encan le 25 germinal an X. Lanfrey la racheta et maintint la fabrication jusqu'à sa mort en 1827. Son successeur, Louis Guillaume Dryander de Sarrebruck, se consacra à la production de faïence anglaise, article qui était une des spécialités de Niderviller depuis 1785. Après le décès de Dryander, la manufacture passa entre les mains de ses héritiers. Aujourd'hui transformée en société par actions, elle continue de produire de la faïence anglaise.  Au temps de Beyerlé, la manufacture avait tenté la fabrication de la porcelaine à pâte dure, mais s'était heurtée au privilège de Sèvres. Custine, lui, put profiter de ce que l'interdit de la manufacture royale était moins strictement appliqué pour se lancer à fond dans ce type de marchandise. Sans pour abandonner la faïence, réalisant dans cette matière de la vaisselle et des pièces ornementales. Il n'est pas toujours aisé de répertorier la faïence à décor de petit feu produite à Niderviller sous Custine, car nombre de modèles mis au point par Beyerlé ont été continués et qu'en sus Niderviller ne marquait qu'une petite partie de sa production. Entre autres pièces difficiles à dater - sauf lorsqu'elles portent le monogramme N.B. (Niderviller Beyerlé) en caractères d'imprimerie ou calligraphiés, ou les deux C de Custine mis dos à dos et ressemblant à un X d'anglaise - on peut signaler celles à décors floraux chatironnés (motifs cernés d'un trait noir), dont le style restera le même après 1765. En revanche, celles agrémentées de bouquets "au naturel" où dominent deux roses surmontées des années 1775-1780. Plus tard, autour de 1787, comme en témoigne un plat portant cette date, le style floral de Niderviller se rapproche de certains décors de roses creuses à la mode à Strasbourg vers 1775-1780. Une catégorie qui, elle, ne pose aucun problème de datation est celle des faïences ornées en trompe l'oeil d'une estampe représentant un paysage traité en camaïeu pourpre, fixée à l'aide d'un clou ou d'un cachet de cire rouge, sur un "faux fond de bois", signées et millésimées, sous l'image, par le peintre Joseph Deutsch qui s'est illustré dans ce genre de décor entre 1773 et 1778. Ces gravures montrant des paysages se sont également faites en camaïeu noir et même en polychromie, sinon sur de la faïence, du moins sur la porcelaine. Caractéristiques de l'époque de Custine, datant de la période 1775-1785, sont les spécimens agrémentés de paysages champêtres sur des terrasses, exécutés en camaïeu pourpre. Ces motifs s'accompagnent de quelques insectes accessoires, destinés à masquer les imperfections de l'émail et qui sont moins naïf que ceux que l'on trouve sur les premières créations de la manufacture. Ces décors de paysages préromantiques et les bouquets de fleurs fines en polychromie se voient quelquefois sur des corbeilles, des plateaux, des assiettes ou des plats, dont les parois ou l'aide s'ornent d'une vannerie ajourée. Dans les modèles les plus luxueux, le fond ou le bassin, selon le cas, est décoré, en plus de l'ornementation peinte,  d'un motif en relief évoquant une lacerie, inspiré de meissen. Pour ce qui est des formes, le style rocaille, qui avait fait la fortune de Niderviller à ses débuts, continua un certain temps sous Custine, puis, le vent du néo-classicisme soufflant, les lignes s'épurèrent. Côté figurines et groupes, branche très importante de la manufacture, là encore, il est souvent difficile d'être affirmatif quant à la date de fabrication des modèles. Parmi les pièces prêtant à confusion - ayant été créées sous Beyerlé et poursuivis sous Custine - on peut citer les pléthoriques personnages hommes, femmes ou putti symbolisant les saisons et qui posent sur des socles tantôt "en galette" tantôt rocaille. En l'absence de marque, on donne pour ces pièces une fourchette de datation aussi large que prudente : entre 1760 et 1775, quand ce n'est pas : deuxième moitié du XVIIIe siècle. Il y a eu, certes, dans ce domaine, des créations à l'époque classique de Custine, comme ces groupes techniquement audacieux représentant Renaud et Armide, l'Enlèvement d'Hélène ou ces charmantes fantaisies où, dans un décor de ruines, des paysannes d'opérette voisinent avec des Amours tombés du ciel. ces modèles-là, qui sont eux aussi très connus, se situent entre 1775 et 1785. Ces mêmes modèles de statuettes ou groupes ont pu être faits en faïence, en porcelaine, voire en biscuit.

 

Formes :

Formes similaires à Strasbourg. Fleurs similaires, cernées ou au naturel, après 2e moitié XVIIIe, rose différent, carmin très foncé, violacé.

Décors :

  • Décor en camaïeu carmin (rose). Début de production avec des scènes à la Watteau (1755-60) puis scènes avec constructions, personnages et insectes sur l’aile (1760-65) puis paysage avec des ruines et arbres (1765-70).
  • Décor en trompe l’œil = faux bois, après 1767. Milieu avec une vignette en camaïeu carmin ou gris noir qui collé avec de la cire ou clouée.
  • Décor au chinois de Joseph Hannong, qualité fine à 1765-70 et cerné à 1770-75. Chinois d’après des gravures de Pillement.

 

Marques :

Le mire, CC, B, N...

Mis à jour ( Mercredi, 09 Septembre 2009 10:48 )  

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