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Creil et Montereau

CREIL ET MONTEREAU

 

Pour les manufactures de Creil (Oise) et de Montereau (Seine-et-Marne), l'aventure de la faïence a commencé dès le XVIIIe siècle. Et les heures de gloire ont marqué leur association des années 1840 jusqu'au début du XXe siècle. Leur but a été de concurrencer la production anglaise de faïences fines. Des potiers anglais travaillant les faïences fines et réfugiés en France partagent leur savoir-faire avec les deux ouvriers français. En se réunissant les deux fabriques redonnent de l'élan à leur production. La qualité ne cesse de s'améliorer grâce aux innovations techniques. La terre de pipe est relayée par la porcelaine opaque, plus dure et plus résistante. La démocratisation des services de tables au début du XIXe siècle n'est pas étrangère aux succès du service "Flora" et de celui édité par François Eugène "Rousseau". Creil et Montereau en fabriquant en grande série transforment la céramique en véritable industrie. Les deux fabriques cherchent sans cesse à maîtriser différentes techniques de décor mais aussi à varier les motifs à l'infini. Cet âge d'or durera jusqu'au début du XXe siècle où la crise économique se fait ressentir. Une restructuration est alors entrepris où Montereau est préféré à Creil. Le rachat par Choisy en 1920 a permis de continuer la production en série jusqu'en 1955, date à laquelle Montereau fermera définitivement. Pour attester de leur origine française, les faïenceries marquent leurs pièces à partir de l'Exposition Universelle de 1806. Pratiquement toutes les pièces de Creil et Montereau portent ainsi une ou plusieurs marquent qui permettent de dater les pièces de façon précise. Les différents cachets, aux dimensions et aux couleurs variables, sont posés au revers. Selon les périodes de production en creux dans la pâte, en relief ou sous la couverte. Parmi les marques les plus répandues, on retrouve le nom de la ville au début de leur production : Montereau marqué en creux jusqu'en 1830 environ et Creil jusqu'en 1834; les nombreuses raisons sociales apparaissant sous forme de monogrammes : des initiales ou des des lettres entrelacées; le nom ou le monogramme du décorateur et parfois la marque de la fabrique comme Legros d'Anizy à Creil; une récompense peut apparaître car Creil et Montereau on obtenu de nombreuses médailles d'or aux différentes Expositions Universelles; le type de faïence : fine, kaolina ou feldspath porcelaine; quelques noms de décors comme "Flora" ou "Rose rouge".      Marques et signatures recensées :Les pièces de Montereau comme celle de Creil portent au revers, au début de la production, une marque en creux dans la pâte Montereau ou Mont. - Creil. Il semble qu'il n'y ait pas de marque antérieurement à 1806, date de l'Exposition à laquelle les fabricants français décident de marquer désormais leurs produits.A ces marques sont adjointes celles des décorateurs : Legros d'Anizy, Stone et Coquerel ajoutent leurs initiales entrelacées ou bien leur cachet. Leur association dure de 1808 à 1818. Legros d'Anizy resté seul appose son cachet personnel jusqu'en 1834.1819-25 : 1ère association Creil-Montereau, marque en creux. Chaque fabrique a sa marque propre pendant quelques années :Pour Montereau :1825 : Louis Lebeuf et Thibault à 18331833 : Louis Lebeuf seul à 1840 Pour Creil :1834 : Saint-Cricq-Casaux à 1840Pour Creil-Montereau (fusion en 1940) :1840 : Lebeuf Milliet et Cie à 18751875 : Lebeuf et Cie à 18761876 : Barluet et Cie1884 : Société anonyme1895 : Fermeture de Creil1955 : Fermeture de MontereauLes marques sous couverte, imprimées en noir, vert foncé ou bleu, portent des datent d'expositions, variables : 1834-39-44-49-67 avec les médailles d'or obtenues. Elles sont représentées dans des cartels ou dans des coupes sur piédouche, avec anses et de couleurs variées. A partir du 3 avril 1867, les marques sont déposées au Tribunal de Commerce de Paris ou au Greffe du Tribunal de Senlis. Il y a eu certaines marques fantaisistes créées par des peintres décorateurs, tel Charles Hamlet-Griffith, aussi des dessins, des charades, de fausses marques chinoises pour les pièces à l'imitation de l'Extrême-Orient.

 

Les grandes périodes de la manufacture :

  •  Milieu du XVIIIe siècle : 
Après l'installation éphémère du premier faïencier de la ville dans le faubourg Saint-Nicolas, Jean Rognon, de 1720 à 1740, un deuxième artisan se lance en 1745 dans la fabrication de faïence fine "façon Angleterre", à pâte blanche dite "Terre de pipe". Il s'agit de Etienne François Mazois qui donna à la ville sa première dynastie de faïenciers. Son commerce repris par sa veuve puis par des anglais fructifia jusqu'en 1800. Cette production se caractérise par une pâte blanche, des formes encore grossières de poteries vernissées.
  •  Montereau (1800-1825) :
Les héritiers des premiers anglais, les Hall-Merlin continuent le commerce des faïences. Cette production de terre de pipe de belle qualité est essentiellement marquée par des décors peints à la main ou imprimés, en noir sur blanc. Le décor dit "Herborisé" ou deuil à la reine, fut un grand succès.  
  • Louis Lebeuf et Thibault (1825-1833) : 
Louis Lebeuf et Etienne Thibault louent la faïencerie, passé aux mains d'un nouveau propriétaire en 1819. Leur style se remarque par un enrichissement des coloris des décors, des rehauts polychromes faits à la main s'ajoutent aux impressions noires sur fonds blancs. L'émaillage polychrome permet de créer des objets à fonds jaunes ou verts.  
  • Louis Lebeuf (1833-1840) : 
Louis Lebeuf reste seul après le décès de son associé et continue la production de terre de pipe, à décors imprimés, polychromes. A noter les essais d'imitation de Wedgwood. La mise au point d'une pâte plus blanche et plus dure reste la priorité de la faïencerie et c'est sous l'appellation "porcelaine opaque" que sera commercialisée cette nouvelle faïence.  
  • Lebeuf, Millet & Cie (1840-1875) :
Après la fusion des manufactures de Creil et Montereau en 1840, Lebeuf s'associe avec Milliet. Sous le Second Empire, les arts décoratifs sont à la mode et les progrès de l'industrie ajoutés à l'engouement des classes bourgeoises pour l'art permettent une production de qualité, plus aboutie et plus diversifiée. La qualité de la faïence ne cesse de s'améliorer, toujours plus blanche et plus dure. Le "pétrocérame" apparaît en 1844, appelé aussi "feldspath porcelaine" du nom de son composant. Ces nouvelles matières se prêtent à de nouvelles formes et se couvrent de riches décorations : célèbre décor "Flora", impressions de vignettes colorées sur des thèmes littéraires ou historiques, influences venues des expositions coloniales et universelles... le japonisme est à l'honneur (service "Rousseau" édité par Rousseau à Paris et réalisé d'après des gravures de Bracquemond).  
  • Barluet et Cie (1876-1884) :
Durant cette période la décoration des services devient de plus en plus sophistiquée, les décors bleus se multiplient (décor chinois "Yedo", décor "Japon", ...). 
  • Société anonyme Creil et Montereau (1884-1920) :
Cette période voit le déclin de la faïencerie, Creil ferme ses portes en 1895. Quelques belles pièces dans le style Art Nouveau et des rééditions de services montrent le désir de la manufacture de créer et de résister aux aléas économiques. 
  • H.B.C.M (1920-1955) : 

Le rachat du groupe par Choisy amène de nouvelles techniques, comme la peinture au pochoir, les décalcomanies et une production en série. Quelques pièces reflètent le style "Art Déco" des années vingt. La faïencerie de Montereau ferme ses portes en 1955.

 

Marques :

  • Creil L M C
  • Manufacture de Creil
  • Stone, Coquerel et Legros
  • Porcelaine Opaque de St Cricq et Cazaux & Cie à Creil
  • Montereau
  • LL & T MONTau
  • L L et T
  • L Lebeuf et Thibault Montereau
  • Louis Lebeuf
  • LM & Cie
  • Montereau B & C Creil
  • Creil et Montereau
  • CM
  • H B C M

 

Mis à jour ( Mercredi, 17 Septembre 2008 10:35 )  

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