Styles, périodes et description
Antiques (Ve av JC --> époque grec et romaine)
Antique = modèle de référence pour les modèles du XVIIe et XVIIIe. Reproductions différentes.
Ex : statue équestre de Marc-Aurèle (Rome), Laocoon de Michel-Ange (Rome) --> grand antique de la souffrance, le tireur d’épine, Apollon du Belvédère (Rome), Hercule Farnèse…
Vénus hellénistique (poitrine haute, petites épaules rondes, drapé mouillé).
Références : 3 grâces (2 de face et 1 de dos, on doit prendre un bienfait mais en rendre un --> échange, femmes dénudées car la beauté des bienfaits ne se cache pas).
Petits bronzes de la Renaissance (XVe - XVIe) – Italie et France. Maniérisme XVIe.
Important dans les collections au XVIe, puis en France au XVIIe avec Richelieu, Mazarin et Le Notre, puis Girardon et le Grand Dauphin. Reproduction d’œuvre de grand format, d’œuvres qui plaisent, des groupes destinés aux collections.
Principe de l’enlèvement : cf. Giambologna, composition en spirale, thème tragique car lutte, résistance, composition, exercice de virtuosité. Lien entre maniérisme et baroque avec le mouvement. Ex : d’après Puget, d’après Girardon, Anguier, Le Bernin.
Petits bronzes vers milieu XVe s, fascination des antiques mais on a des différences =/= XIXe copies conformes. Pas sens de l’unicité, reproduction d’un antique jusqu’à la fin XVe s. Après, création d’œuvre nouvelle pour la collection également puis cadeau diplomatique.
Au XVe s, on gardait le modèle original, on continue à fabriquer des bronzes après la mort de l’artiste (ex : Giambologna 15e au 17e) mais avec des différences.
Fin XVIe, grande production et beaucoup d’atelier donc difficile de faire des attributions.
Le David de Donatello, 1440, 1er nu moderne depuis l’Antiquité, pas d’idéalisation (= antique) car ventre bombé, bras maigre...
Fin XVe, sculpture qui offre des points de vue multiples (cf. maniérisme) =/= la sculpture à l’antique du XVe : bouge latéralement mais vision frontale.
XVe : connaissance du corps humain avec les dissections.
Imitation de l’aspect abîmé des œuvres des fouilles.
Donatello restera à Florence et laisse un atelier qui continue de créer --> école padouane avec un aspect particulier de Donatello = le naturalisme. Bellano un de ses assistants sera maître de cette école à un David avec un goût naturaliste et une certaine naïveté et rudesse.
ARTISTES : Sansovino, Ghiberti (Porte du paradis à Florence, 1430), Donatello (statue équestre de Gattamelata --> 1ère statue équestre en bronze depuis l’antiquité), Verrocchio (David), Riccio (Padoue, orfèvre --> travail de ciselure, vers 1500), L’Antico (Apollon du Belvédère), Cellini (inspiré par Michel-Ange), Giambologna (Enlèvement d’une sabine… et animaux) et Michel-Ange (esclaves endormi et rebelle, 1513).
Classique et Baroque – XVIIe
- Classicisme = lignes calmes, symétrie, position droite, statique, jeu de drapé à l’antique, référence, citation des antiques (humanisme de la renaissance) mais pas copie. Tout est ordonné. Sujets antiques et allégorie (Hercule = allégorie de Louis 14, citation de l’Hercule Farnèse). Bas reliefs (cf. Girardon) : position contraire des personnages (face et dos), composition délimitée, lien (cf. lignes) entre les personnages de la composition.
- Baroque = mouvement en spirale, torsade. Théâtrale et rhétorique, cherche l’effet. Contre réforme --> lignes sinueuses (maniérisme). Affirmation de la monarchie absolue (statues équestres = allure classique mais effet théâtrale de dimension baroque, colossale). Sujets associés par antithèse : défaite et victoire. Composition qui dépasse le cadre / socle. Les enlèvements.
Métamorphoses = transformations visibles sous nos yeux --> théâtre.
Association de matières, couleurs différentes. Jeux d’ombre et lumière dans les plis.
Canon maniérisme = très allongé, doigts écartés, poigné cassé. Proportions allongées, élégance, spirale dans les drapés. Sinuosité dans le plan et dans l’espace : torsion. Composition en spirale --> point de vue multiple.
1648 : création de l’Académie de peinture et sculpture par Anne d’Autriche. Colbert sous Louis XIV lui donnera sa fonction et rôle --> créer pour la gloire du roi. 3 fonctions : contrôler la formation des artistes, organiser des salons et établir le concours de Rome. Les élèves doivent faire des morceaux de réception.
ARTISTES : Duquesnoy, Bernin (2e 1/4 XVIIe, bustes, ravissement de Ste Thérèse), Girardon (Enlèvement de Proserpine par Pluton), Coysevox (buste de Le Brun), Puget (Milon de Crotone, Persée délivrant Andromède).
Sculpture rocaille au XVIIIe – France (apogée en 1730, assagit après 1750)
- Le rocaille apparaît à MARLY vers 1680, maison de campagne, détente. Domaine de Diane --> iconographie légère (inverse de Versailles, iconographie politique).
Recherche de plaisirs : jeux de l’amour (théâtre et séduction) et de hasard (Versailles, jeux d’argent) de Marivaux.
Principe de composition commun au baroque et rocaille : effet de drapé… mais l’esprit est différent : séduction, jeu, divertissement. Composition tournoyante. Mise en scène des sculptures dans un espace.
Sculptures de Marly : instantanéité du mouvement : mouvement arrêté, théâtrale.
Mouvement suggéré par :
mouvement de torsion des membres : position des jambes, torsion du buste, tête pas dans l’axe du corps (retournée), diagonales, doigts écartés. mouvement des cheveux plis du drapé --> agité, plaqué au corps par le vent et gonflé, traité en facettes minces et arrêtes marquées avec des ruptures qui accrochent la lumière (=/= baroque) yeux sur le côté du globe oculaire lèvres entre ouvertes.Sensualité = corps dénudé (complaisance) = décolleté et jambes (séduction à l’époque), rondeurs du corps, gestes doux. Avec drapé, on voit plus le corps (impression tissu mouillé).
Rocaille = sculpté l’éphémère, l’impalpable (bouillonnement des nuages, fumées).
Mouvement et nature, cf. chevaux de Marly, avec blocs de pierre et végétaux.
Les coureurs = 4 couples qui se courent perpétuellement après autour d’un bassin --> mise en scène.
Charme de l’enfance : enfants joueurs, potelés, vrais, naturels.
Les 1er portraits déguisés sous un personnage mythologique = jeu, cf. Duchesse de Bourgogne en Diane, basé sur un antique (=/= allégories royales du XVIe et XVIIe, ex : Henri IV en Jupiter).
Rocaille --> vérité de la vie, modèle réaliste (=/= XVIIIe) : col de chemise entre ouvert, cheveux naturels.
- Rocaille assagit 1750 : mouvement tournoyant du corps, thématique galante mais assagit car drapé calme. Ex : « l’amour et l’amitié » de Pigalle, thème de Mme de Pompadour : l’amour a déposé ses armes = assagit, pas menaçant. Décor rocaille avec des fleurs de toutes saisons --> l’amitié est de tous temps et lierre --> reste malgré la mort de l’arbre.
ARTISTES : Coysevox (2 Chevaux Marly 1700), Coustou (2 Chevaux Marly 1745), Frémin (Compagne de Diane 1717 = Série de femme avec chacune un attribut de chasse. Rocaille --> statue qui marche, décalage jambes, torsion du buste, drapé plaqué, corps dénudé --> jambes. Spontanéité de l’expression : lèvres entre ouvertes, regard décalé. Maniérisme dans les proportions), Falconnet (Sèvres), Slodtz et Pigalle.
Sculpture rococo – Italie et Allemagne (=/= rocaille --> composition équilibrée)
Matériaux : stuc blanc = matière que l’on moule, poli et que l’on peut dorer. Marbre coloré.
Recherche de bizarre, étrange, morbide, singularité outrancière.
Sculptures agitées, continuité du baroque.
Rococo = plus surchargé, exubérant, envahissant que le rocaille. Ex : drapés gratuits, sans lien avec le mouvement du corps. Volonté d’affirmation du baroque --> surenchère, accumulation.
Sensualité avec une ambiguïté malsaine, provocation. Virtuosité dans la finesse et transparence du drapé --> plus nue que sans le drapé.
Sculptures murales : grande dissymétrie, pas d’espace circonscrit pour la peinture, sculpture moins organisée, prolifération, foisonnement, décor mélangé.
ARTISTES : Serpotta, Corradini, Salvi, Dietz…
Terres cuites européennes 1730 – 1800 (rocaille et 1750 néo-classique)
On voit des esquisses et des modèles dans les salons vers 1730.
Mode lancé par des amateurs et collectionneurs. 1ers collectionneurs français : Jean de Julienne, comte de Caylus (retour à l’antique avec sa publication en 1767, il créé le concours de la tête d’expression), Mariette, Lalive de July (collectionne les œuvres d’artistes français) et Onésyme Bergeret. Ils achètent aux artistes de l’Académie des terres cuites (esquisses ou modèles). On a aussi Boucher puis 2e moitié XVIIIe les aristocrates et financiers.
Terre cuite appréciée car moyen de former le goût des amateurs, manière de se cultiver, de stimuler la sculpture monumentale, 1er jet de l’inspiration, couleur de la terre
- Chez les collectionneurs : mausolées pour animaux et hommes avec urne funéraire, socle à l’antique, cassolette fumante (XVIIIe = capter l’éphémère), branche de cyprès, chaîne brisée, flambeaux éteints, chien couché et cariatides de chiens.
- Esquisses : visage juste mis en place. Travail sur un bloc de terre et on enlève de la matière ou travail en ajoutant des colombins sur une armature de fer puis utilisation de mirette… Des esquisses ont servis de modèles pour Sèvres.
- Modèles --> complètement achevé. On a des travaux académiques : morceau d’agrément (dans le goût de l’Académie mais pas des collectionneurs) et têtes d’expression (inventé par Caylus) : sourcils froncés, bouche ouverte, chevelure libre --> au 18e recherche de vie, spontanéité.
- Œuvres autonomes = finie, lissée, détails précis, pas transposées sur un autre matériau.
- Projets de monuments en mémoire de défunts, vue sur les 2 côtés.
- Thème :
- le héros : Avant 1700 --> intérêt sur le contenu allégorique et didactique, 1700-50 --> la qualité narrative et picturale fait le choix du sujet et 1750-1825 --> Odyssée et Iliade et découverte de Pompéi - Herculanum.
- mythologie galante. Peu de muscle saillant, profil à la grec, drapé mouillé, drapé en V entre les seins (cf. sculpture hellénistique).
- sujets de genre. Ex : la mélancolie, groupes de danse, jeune fille au naos (engouement pour les œuvres égyptiennes).
- Questions de style :
- Références à l’Antique : inspiration d’Antiques : les 3 grâces, Amour et Psyché…
- Références au Maniérisme et au Baroque : association humain et animal --> centaure. Lien avec les enlèvements de Giambologna. Bras jetés en avant pour exprimer le désespoir --> cf. Le Bernin. Maniérisme --> élongation des proportions. Baroque --> drapé tournoyant, ombres profondes.
Vesta : prêtresse de la déesse Vesta, veille à l’entretien du feu du temple.
ARTISTES : Bouchardon, Canova, Chinard, Sergel, Pajou, Clodion (fait toujours des jeunes femmes assez rondes), Roland (aime courbes et contre-courbes), Dannecker (Ariane sur une panthère), Falconet (Sèvres).
Néo-classicisme XVIIIe – XIXe (vers 1750)Néo-classique = à la grec. Composition – point de vue uniquement de face (souvent placé contre un mur), travail du drapé tombant, drapé mouillée, mouvement du corps sinueux mais adoucit, corps avec un aspect lissé, profil à la grec, arcades sourcilières liées au nez. Nue naturaliste.
Esthétique de retour à l’antique. Se repère à cause du style, caractéristique : yeux aveugles (antique), visage inexpressif et idéalisé, cheveux à la grec, verticalité. Thème de Psyché.
- 1750-60 : transition entre rocaille et néo-classicisme. Retour au classicisme. Epuration des formes mais reste le jeu de la séduction du 18e : charme, jeunesse des modèles, attitude de fausse pudeur (car nue). Composition en spirale mais reste vertical. Statique. Drapé sobre, calme (pas virevoltant) avec des parties à l’antique (toge sur l’épaule) mais des parties 18e (drapé collé qui dévoile les formes et la poitrine). Corps lisse.
Décor encore rocaille car rocher, tronc d’arbre, coquille, feuilles… Naturaliste dans les galbes et creux mais lisse.
ARTISTES : Bouchardon, Falconet, Pajou.
- 1770-90 : 1er néo-classicisme, avec la Révolution, la condition d’exercer des artistes est bouleversée. L’étude de la nature reste importante.
Répertoire antique : muse (amitié qui pleure), urne, portrait en médaillon (camé), colonne rompue (mort), allégorie lissée et pulpeuse, drapé à l’antique, figures de profil, cyprès, cassolette fumante (éphémère --> rocaille)…
ARTISTES : Caffieri, Houdon (grand portraitiste), Julien (Ganymède, Gladiateur mourant).
- Néo-classicisme à Rome. Rôle important des théoriciens (Winckelmann et Quatremerde-Quincy). Parti de Rome car tous les artistes s’y retrouvent : atelier de Piranèse, ils sont fasciné par Canova (N-C hellénistique) et Thorvaldsen (classique). Les collections étaient ouvertes aux artistes. Fouilles d’Herculanum et Pompéi (société figée dans son quotidien).
Stabilité, compacité, verticalité des attitudes, jeunesse des modèles, profil grec, coiffure à l’antique.
Caractère héroïque (Grèce classique).
ARTISTES : Sergel, Canova (né pointu, Amour et Psyché, Louvre. Plus hellénistique, recréation), Thorvaldsen (classique, plus austère, statique et antiquisant que Canova, œuvres au Musée Copenhague).
- 1800-30 : 2e néo-classicisme. Après la révolution, les commanditaires ont disparus (Etat, congrégations religieuses…) donc travail sur des bibelots (horloge…). S’éternise, perd de son intérêt --> académisme.
Napoléon s’attache les services de Vivant Denon --> dictature sur les artistes, homogénéisation des formes. Il était graveur et faisait travailler des artistes.
Découpe du buste « en Hermès » = pied en forme de bloc, pratiqué sous l’antiquité.
Néo-classique --> corps d’adolescent, morphologie lisse et polie, visage idéalisé, cheveux hellénistiques avec boucles travaillées, terrasse vide et lisse. Yeux vides, aveugles.
Néo-classique --> histoire antique, tragique (victime innocente), marbre (idéalisation des formes et couleurs qui suspend le temps), ex : Pradier (Niobide blessé).
ARTISTES : Chaudet (Amour), Bosio et Pradier (Niobide blessé, 1822).
Académisme 1820-70
Imitation de l’antique. Les artistes exposent au salon leurs plâtres espérant trouver un commanditaire. Application des règles pour recevoir des commandes officielles. Esthétique canovien : côté sacré, jeunesse et licité du corps, mouvement suspendu.
ARTISTES : Simonis, Fraikin, Cavelier, Cugnot, Loison et Dubois.
Romantisme 1830-45.
Relief en bronze (=/= Néo-classique marbre) --> sensibilité, personnage flottant, pas d’espace structuré, pas d’histoire racontée. Pas classique car fond et personnage mélangés. Les proportions des parties du corps ne sont pas respectées, on se sert des formes pour exprimer quelque chose de dramatique. Sujets littéraires (Chateaubriand, Hugo, Rousseau) --> source d’inspiration des romantiques. Œuvres souvent réalisées 20-40 ans après le plâtre (peu de commande). Jeux d’ombre et lumière et patine --> aspect dramatique.
Laideur (pas Néo-classique idéalisé).
Sujets dramatiques : suicide, folie, amour impossible, mort violente.
Réintroduction de la notion de temps, d’action, mouvement =/= Néo-classique figé.
Le romantisme suggère, fait penser =/= Néo-classique où on a tout sous les yeux.
Romantisme joue sur le sentiment, l’émotion =/= Néo-classique intellectuel.
Réalisme du corps, des accessoires, bras retourné émouvant --> joue sur l’émotion.
Aspects : vérité du costume contemporain, le pittoresque (côté séduisant), inspiration littéraire (Chateaubriand), historique, exotisme.
ARTISTES : David d’Angers, Rude (Pêcheur à la tortue (véracité du sujet de genre), buste de David), Duseigneur, Barye (animaux), Triqueti, Duret, Préault (Ophélie, Tuerie (seule œuvre salon 1834, ce qu’il ne faut pas faire), le silence), Chevenard (scènes de chasse pour un surtout de table), Daumier (Ratapoil), Feuchère. Carpeaux (Ugolin 1862 --> sujet tragique car mourir de faim, anthropophage, source littéraire et bronze. Référence plastique à Michel-Ange à ses débuts).
Eclectisme : 1840-1900
Retour au XVIIIe. Style où les artistes puisent dans les siècles précédents --> hommages, citations des grands maîtres.
Culture des artistes : voyages en Italie, musées et étude des marbres au Louvre, attente de la clientèle dans les salons où ils trouvent des commanditaires avec les plâtres avant de faire des marbres ou bronzes (cher). Commanditaires : noblesse de l’ancien régime qui renaît après l’Empire et qui retourne aux sources, du bon goût ancien. Ils veulent montrer leur réussite mais ne sont pas sûr de l’investissement, ils s’assurent du bon goût avec des objets évoquant le temps passé.
Inspiration des œuvres de Michel-Ange (Ignudo), Raphaël et Donatello (David).
ARTISTES : Clésinger (Femme piquée par un serpent. Vérité de la nature : cellulite, traces corset. Référence à Cléopâtre, antique et Vénus de Cabanel. Grand genre : matière noble et grandeur nature), Dubois (St Jean Baptiste, cf. David de Donatello), Pradier (Sapho), Mercier (Gloria Victis : cf. enlèvement Giambologna, christ sur croix et victoire antique), Recipion (Quadriges), Steiner (Renommée de l’industrie 1900), Bourdelle (Héraclès 1909).
Carpeaux (Triomphe de Flore 1863 (rocaille, décor florale éphémère. Influence de Rubens), La danse 1869 (Référence à Rubens), Buste princesse Mathilde, Prince impérial (naturalisme, pas de référence au passé)).
RODIN (1840-1917) : 1875 à 1910
Contemporain de Monet. Grand créateur, homme avec neutralité du XIXe, ouvert vers la modernité. Modeleur avant tout. 1er artiste du XIXe à avoir un atelier avec des praticiens. Fasciné et reconnu. Grandes clientèle. Portraitiste recherché. Répertoire souvent rattaché à l’histoire. Le titre exprime une intention. C’est le corps qui l’intéresse. Il est entre symbolisme et romantisme, il voit la vie comme une passion et une souffrance. Contre l’académisme = application de formules. Voulait être réaliste, exprimer les sentiments par le corps et non les visages. Cherche l’intensité, aide la nature et va au-delà.
Il restitue la vie en faisant le tour du modèle (=/= contemporains, vue de face), il voit les profiles, silhouettes --> addition de visions --> volume. Il travail aussi d’après la mémoire, mémoriser un modèle, lignes de forces, caractéristiques… Ses modèles évoluaient devant lui sous différentes positions.
Pour lui, une œuvre n’est jamais terminée, il peut l’améliorer.
Œuvre au début naturaliste (proche de la vie) puis hypertrophie puis résultat plastique vers d’autres recherches qu’il ne pouvait faire (cubisme).
Après 1890, Rodin travail l’assemblage avec plâtre préexistants.
ŒUVRES : Torse de centauresse, L’âge d’airain 1877 (éveil de la conscience, amélioration d’un modèle, pas de moulage sur nature, épiderme du bronze martelé, pas lisse), St Jean Baptiste 1880 (il montre tous les mouvements en un), Bourgeois de Calais (travail d’expression, ombres qui dramatisent), Balzac 1893 (œuvre symboliste, à la puissance du génie créateur, ouvre la voie au cubisme), Abattis (association, assemblage de morceaux existants --> création à partir de sa création. Avance sur le surréalisme), Main de dieu (main des bourgeois de Calais disproportionnée par rapport aux corps, artiste créateur), Les 3 ombres (répétition de la même œuvre placée différemment, cf. jugement dernier de Michel-Ange), Homme qui marche (scandale car œuvre présentée inachevée, étude), La cathédrale 1909 (symbolisation des formes, sculpture ouverte), La porte de l’enfer 1880-1917 (cf. enfer de Dante --> romantisme, Baudelaire, Guet. Homme voué à la damnation, asservit par ses sens mais notion de renaissance à la vie), Le penseur (cf. Michel-Ange).
Bronzes d'édition : après 1830
Bronzes destinés à la vente commerciale. Souvent de petite dimension, œuvres crées pour l’édition ou réductions. Réduction d’antiques puis œuvres contemporaines ou partie d’œuvre.
Clientèle bourgeoise qui veut montrer sa richesse et contexte de recherche de procédés industrielles = production en série qui baisse les prix.
Fonte à la cire perdue trop lente et trop de manipulations --> fonte au sable où l’on a un chef modèle en bronze, inusable, incassable et réduction des préliminaires avant la fonte, on a plusieurs parties.
Fondeurs = exécutants des artistes. Ex : Barbedienne et Frémiet, Susse (achète le réducteur de Sauvage)… Pantographe = procédé de réduction mécanique, rapide et fiable.
Editeurs = industriels, marketing (catalogue, pub…), lien entre public et artistes. Il signe les bronzes. Vitrines pour les artistes car œuvres non admises au salon car industrielles.
Les artistes cède le droit de reproduction pour 1 ou plusieurs œuvres --> ils sont payés et reçoivent un pourcentage sur les ventes. L’éditeur est propriétaire des chefs modèles.
Œuvre d’art = 4 tirages d’artiste puis 8 tirages.
Bronzes tirés avec des matériaux et patines différentes (acides et colorants).
Bronzes animaliers
- XVIe s : Giambologna --> dindon…
- XVIIe s : Susini (Lion attaquant un taureau), Van Cleve (Lion terrassant un loup).
- XVIIIe s : Animaux pour des pendules…
- XIX-XXe s : Animaux pour édition d’art ou statues monumentale de jardin.
- Barye (1830-50) : sujets romantiques par sauvagerie et orientalisme, d’abord violent puis classique, statique (noblesse et non férocité mise en valeur).
- Cain (1873-82) : férocité des combats d’animaux avec violence romantique mais aspect naturaliste (tigresse nourrissant ses petits). Dimension monumentale.
- Frémiet (1850-90) : dessinateur puis modeleur avec une précision scientifique. Très naturaliste : précision de la morphologie et des attitudes.
- Mene (1848-61) : ex : L’accolade (chevaux).
- Degas : ex : Cheval 1890, idéalisé par la puissance, fait pour son plaisir.
- Bugatti (1900-13) : animaux maigre, nerveux, malheureux = reflète sa personnalité.
- Pompon (1920-30) : modernité formelle, synthétisée, pas naturaliste, presque silhouette. Animal gentil, sympathique (Ours blanc). Epuration des formes, recherche de volume, pureté et japonisme (Tigre royal).
- Martel : ex : Moineau : cubisme dans la synthétisation des volumes traités en plan et volume et l’aile = « L ». Influence du futurisme.
Art Nouveau : 1886-1905
Emanation du symbolisme = Art Nouveau, commence en littérature. Débute en 1886 avec un article de Moréas dans le Figaro et finit en 1905 avec le 1er manifeste des avant-gardes avec fauvisme. Mouvement de réaction fin XIXe, réaction face au matérialisme et positivisme. Reproche aux artistes d’avoir laissé la poésie, les mythes et l’imagination pour le commercial. Mêmes thèmes que le romantisme : inconscient, vie, mort, mal de vivre, cherche un paradis artificiels. La forme cherche à donner une expression idéale. Beaucoup d’ambition dans le symbolisme. On réexplore pour la dernière fois les créations du passé : Moyen-Âge, Renaissance (pré-raphaëlites). But : essayer de reconquérir l’unité perdue.
Définition œuvre d’art symboliste :
- Idéiste = expression de l’idée. Ex : Claudel (Profonde pensée).
- Symbolisme = exprime l’idée par les formes. Ex : Moncel (L’enigme).
- Synthétique car formes et lignes selon un mode de compréhension général. Ex : Prouvé (La nuit).
- Subjectif = objet ne sera jamais considéré comme un objet mais comme signe de l’idée perçu par le sujet (cf. Baudelaire). Ex : Claudel (La valse --> composition évoquant la valse).
- Doit être décoratif : technique et matériau raffiné, recherche esthétique. Ex : Lemaire (Le silence).
- Thème littéraire et mythe. Ex : Rivière (Salammbo) voir Flaubert, thème de la passion amoureuse destructrice et femme fatale du symbolisme.
- Recherche de primitivisme. Ex : Gauguin (soyez amoureuses) = relief taillé dans le bois, thème symbolisme : érotisme, amour. Pas de perspective, pas de recherche de beauté.
- Thème ésotérisme : idée de la déesse nourricière, de la renaissance, ex : Lacombe (Isis).
- Symbolisme : ex : Biegas (Rêve de Dieu) : dieu et son rêve : l’homme.
- Exploration de l’inconscient, cauchemar, monstres. Ex : Carriès (Grenouillard).
- Japonisme : ex : Claudel (Vague), cf. Hokusaï, inconscience et destin tragique (mort).
- La danse. Ex : Rivière (Loïe Fuller) : danseuse pieds nues avec voiles. Œuvre symboliste car art total : lumière, musique, corps, mouvements, couleurs. Elle inspire beaucoup d’artistes. Ex : Segoffin (Danse sacrée). Fluidité du drapé, vague --> Art Nouveau.
Art Déco : 1920-35
En 1905, l’Art Nouveau est en disgrâce mais continuité dans la recherche de qualité d’exécution et choix des matières. Continuité aussi dans le surréalisme, notamment par son aspect noir. Nom donné à l’Expo de 1925. Dominante de l’art d’agrément. Recherche d’art total mais pour tous. Nouvelle dimension qui bénéficie des progrès industriels.
2 acceptions :
- La sculpture de petite dimension, reproduite (d’édition), objet décoratif dans la continuité de l’Art Nouveau = qualité d’exécution, côté précieux, choix des matériaux = chryséléphantine (ivoire et or). Objet d’art. Formes souvent épurées.
Thèmes modernes (pas antique mais mondain) : ballets russes et music-hall, cela influence les artistes du début 20e et ouverture vers la modernité d’avant-garde élitiste et raffinée. Monde orientale (danseuse : Isadora Duncan). Libération de la femme, garçonne qui se coupe les cheveux.
ARTISTES : Chiparus (Danseurs russes, Dolly sisters, Civa, Antinéa, Les larmes), Colinet, Le Faguays (Faune et nymphe : géométrisation, influence cubisme), Bouraine (Amazone).
- La sculpture monumentale. ARTISTES :
- Frères Martel : modernité dans les matières (bronze, céramique, béton, plastique), synthèse des volumes, pas de modelé, aspect décoratif et dynamique.
- Lambert Rucki : marqué par le primitivisme. Ex : Personnage cubiste (symbolisation du corps, abstraction), Les flâneurs (corps géométrisé, simplifié), Retour de carnaval (Pureté de la ligne, rythme).
- Janniot : il a reçu beaucoup de commande officielles pur des expos. Il a décoré le Palais de Tokyo et Musée Arts Océaniens (absence de référence à l’espace traditionnel, il privilégie les volumes, le modelé). Culture classique mais facture moderne.
Les portraits
Portrait frontale ou 3/4 ou profil. Visages naturaliste, vériste, idéalisé. Accessoires qui caractérisent le personnage, perruques ou cheveux courts… Traitement des yeux : vie, de plus en plus illusionniste (Houdon). Portrait artiste --> chemise ouverte et nœud de cravate dénoué.- XVIe : peu de portraits en buste, en général funéraire.
- XVIIe (classique) : portraits d’apparat, destiné à être montré. Toujours perruque (traitée naturaliste…). 1 cercle pour la pupille et l’iris. Buste en taille réelle
EX : Louis XIII (costume d’apparat, perruque, portrait de face, vériste, naturaliste), Le Brun par Coysevox (portrait flatteur, travail des textures différents, médaillon historique. Tête sur le côté, concentré, préoccupé).
- XVIIe (baroque) : buste plus grand que nature et opulence dans les accessoires. Mise ne scène théâtralisée.
EX : Hardouin Mansart par Lemoine 1703 (hautin car surintendant des bâtiments du roi, regard au loin, ordre St Esprit), Le grand Condé par Coysevox (bronze --> rare, portrait posthume héroïsé, armure à l’antique).
- XVIIIe (rocaille) : portrait de caractère intime, présentation différente. Yeux travaillés plus précisément. Terre cuite --> illusion de la peau avec les défauts. Portrait véridique et le plus vivant possible. On s’intéresse à la personnalité.
EX : Coypel par Lemoine 1730. Mme Favart par Defernex (XVIIIe par la vie, sourire, yeux plus travaillés, visage dissymétrique, pas idéalisé). Voltaire par HOUDON (grand modeleur, restitue la vérité de personnalité et physique, portrait ad vivum et mesures au compas. Yeux très travaillés avec des stades de profondeur de l’ombre. Il faisait plusieurs versions : au naturel, à l’antique, antique ample, à la française avec perruque et avec costume ample), Duchesse de Bourgogne en Diane par Coysevox 1710 (allégorie, portrait osé pour la reine de France car dénudée).
- XVIIIe (Néo-classique) : portrait véridique avec yeux plus sculptés mais vide. Plus d’atour, costume, découpe en Hermès, pas de buste. Pas de sourcils.
EX : L. de Malesherbes par Chaudet 1801.
- XIXe (romantique) : réalisme (rides, chevelure…), yeux à nouveau vivant, sourcils.
EX : David par Rude 1838.
XXe siècle - Tradition
Diverses réactions, début XXe. On a la sculpture officiel de salon et Rodin. Ruptures en 1905 avec La cage aux fauves.
Sculpture de Salon :
- 2 salons officiels :
- Société des artistes français --> tradition, de l’Institut des Beaux-arts, enseignement conservatif. Ex : Sicard (George Sand).
- Salon société des Beaux-arts, fondé par Rodin et Puvis de Chavanne en 1881, dit la Nationale. Tradition plus vivante et moderne. Ex : Charpentier (Famille heureuse).
- 2 salons contestataires : reproche la virtuosité excessive et la vacuité
- Salon des indépendants en 1884 par Seurat, Redon, Signac. Refuse jury et récompense. Expose qui veut.
- Salon d’automne en 1903 avec Jourdain, Guimard, Carrière, Vallotton, Vuillard et Vallières. Expo en 1905 de la Cage aux fauves. Ex : Puech (Aurore --> grande technicité).
ARTISTES :
- Schnegg : rejette Rodin. Buste de Jane Poupelet (corps plus stable, calme, épuré, équilibré).
- Poupelet : une de ses sculpture est à l’origine du mot « fauve ».
- Bernard : adepte de la taille directe (comme beaucoup d’artistes) en réaction à l’Académie et Rodin (modeleur), pas de praticien.
- Bourdelle : il a transmit l’enseignement de Rodin à l’Académie de la Grande Chaumière : sens du modelé vivant, profil… Beaucoup de commandes privées et d’œuvres monumentales. Thèmes : mythes, dieux, allégories… Ex : Héraclès archer (intègre un vide actif, forme de pentagramme. Energie déployée par Héraclès.), Centaure mourant (car personne ne croit plus au centaure), Le pathétique (passion pour Beethoven comme Balzac pour Rodin).


