LEXIQUE - CERAMIQUE
- L'assiette / description :
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1 - bord ; 2 - aile ; 3 - marli ; 4 - bouge ; 5 - bassin
- La barbotine : Pâte de porcelaine à l'état liquide ou semi-liquide. Sert à monter un vase ou un groupe ou à coller des pièces rapportées (anses, bacs, ...); utilisée également pour la décoration.
- Le biscuit : Un biscuit est une porcelaine, tendre ou dure, fabriquée en une seule cuisson - le dégourdi - et non émaillé, sans couverte donc mate. Elle exige l'utilisation de pâte blanche d'une grande qualité. Le biscuit a été peu utilisé dans les arts de la table; on le trouve plutôt sous forme de statuettes, de figurines ou d'objets décoratifs. Les plus beaux biscuits sont ceux de Sèvres.
- Berain Jean (1640-1711) : Ornemantiste, dessinateur de la chambre du roi. Ces décors sont apparus à Moustiers, pour la première fois sur de la céramique. Le décor Berain est une interprétation originale de l'antique décor à grotesque que la Renaissance à remis au goût du jour. Il est constitué d'arabesques auxquelles se mêlent des draperies, des architectures, des animaux chimériques ou réalistes, des nains coiffés de chapeaux à plumes, inspirés du graveur CALLOT (1592-1632) caractéristique du décor Moustiers.
- Cazette ou casette : Étui en argile réfractaire, à base plate qui protège les céramiques pendant la cuisson. Ces cazettes sont conçues pour être empilées les unes sur les autres. Les pièces y reposent sur des pernettes et ne doivent pas être au contact des parois.
- La céramique : La céramique (du grec Kéramos : argile) est un mot générique qui signifie, le travail de l'argile passée par le feu, elle désigne toute pièce faite d'argile, de pierre pulvérisée et d'eau et qui subit au cours d'une cuisson de 600°C ou plus une transformation irréversible lui conférant une certaine dureté. On rassemble sous ce terme les quatre grandes familles de céramique, que sont : la poterie, le grès, la faïence, la porcelaine.
- Dégourdi ou demi-cuisson : Expression utilisée pour désigner la pré-cuisson lente dans un four, cela pour faire perdre à la pâte son eau.
- L'émail : Couleur vitrifiable obtenue à partir d'un oxyde métallique. Les décors jusqu'au XVIIIe siècle, sont limités à 5 couleurs naturelles, avant de devenir illimités avec la découverte des couleurs chimiques.
- Les 5 couleurs étaient :
- le vert avec l'oxyde de cuivre : colorant qui était déjà utilisé par les potiers égyptiens, il donne des teintes bleues et vertes, augmente la fusibilité des émaux et améliore la brillance.
- le rouge avec l'oxyde de fer : utilisé dans les pâtes à basse température et les émaux. Les teintes peuvent aller du jaune au brun en passant par le rouge.
- le bleu avec l'oxyde de cobalt : colorant très puissant, très concentré, il tire vers un bleu violacé. Il est très connu en porcelaine, surtout à Sèvres où l'on obtient le célèbre Bleu de Sèvres.
- le jaune avec l'oxyde d'antimoine : c'est un des composants du fameux jaune de Naples (en combinaison avec du nickel ou du titane et incorporé dans une fritte plombeuse), en ajoutant de l'oxyde d’étain (blanc) on stabilise la couleur jaune alors que si l'on ajoute de l'oxyde de fer la couleur tend vers l'orange.
- le brun avec l'oxyde de manganèse : colorant des émaux ivoires, il donne également des bruns, des bruns rouge (avec du plomb) et des violets (dans les émaux alcalins contenant des oxydes de zinc et calcium).
- Les émaux de grand feu sont au nombre de quatre :
- l'oxyde de manganèse pour le violet qui devient noir si on ajoute du fer.
- l'oxyde cobalt pour le bleu.
- l'oxyde de cuivre pour le vert qui peut donner, selon certains procédés, des tons turquoise ou rouges et l'oxyde d'antimoine pour le jaune clair qui peut devenir jaune orangé, s'il est mêlé à des terres riches en fer.
- Les émaux de petits feu offrent une palette beaucoup plus riche, dont toutes les nuances de rouges et de rose, grâce à la découverte de pourpre. Au XIXe siècle, de nouvelles couleurs sont mises au point : le chrome donne un vert jaunâtre, on peut aussi obtenir du noir, du marron, une gamme de jaunes nuancés...
- La faïence : Le mot "faïence" vient de Faenza, nom d'une ville italienne près de Bologne célèbre pour son art de la céramique. La faïence est une poterie à base d'argile, colorée dans la masse, perméable à l'eau, à texture lâche, recouverte d'un émail stannifère opaque. La faïence dite fine est une poterie à pâte opaque, à texture particulièrement fine et dense. La glaçure transparente, relativement dure, est composée d'un mélange alcalino-plombeux.
- La technique de la faïence : Introduite par l'Islam en Espagne, la technique de la faïence remonterait aux VIIIe - IXe siècles. Le plus ancien exemple a été retrouvé à Suse, en Iran. En effet, dès le VIe siècle, à l'époque des Tang, des échanges commerciaux et culturels intenses s'étaient établis par la Route de la soie qui, à travers steppes et hauts plateaux, reliait l'Iran sassanide à la Chine. De son transit par l'Espagne mauresque, la faïence italienne, qui influencera les productions d'une grande partie de l'Europe, tire son appellation de majolique : ces faïences hispano-mauresques fabriquées à Majorque pour l'Italie deviendront des productions purement italiennes au XVIe siècle. La poterie, séchée au four, est plongée dans un bain d'émail opaque; sur l'émail sec est peint le décor. L'émail, pulvérulent comme de la craie et très absorbant, ne permettant aucun repentir, le potier à alors recours aux calques ou aux poncifs. Les couleurs, à base d'oxydes métalliques et cuites au grand feu, à 900°C pendant 30 à 36 heures, pénètrent l'émail en fusion et s'y incorporent, donnant aux pièces une parfaite unité, que renforce la brillance de la "coperta". Les couleurs, assombries par le grand feu, sont d'abord limitées au bleu, vert, au violet de manganèse, au jaune et au noir. Mais il y a loin des faïences les plus primitives, à l'émail maigre et grisâtre, aux majoliques historiées de Casteldurante et aux plats d'apparat de Deruta, qui, au tout début du XVIe siècle, sont recouverts d'un lustre métallique doré ou nacré, à l'imitation des faïences d'Espagne, obtenu par la cuisson en atmosphère réductrice d'un oxyde de cuivre ou d'argent mêlé à de la terre et délayé avec du vinaigre. La faïence utilisée aussi bien comme revêtement mural que dans la petite sculpture (les Della Robbia à Florence, plus sculpteurs que céramistes, en font un mode d'expression privilégié), trouve son apogée au milieu du XVIe siècle avec le centre d'Urbino, qui détrône Faenza. Le style historié rivalise alors avec la peinture.
- De Rouen à Delft : À la fin du siècle, la majolique se répand en France. D'abord à Lyon, où Julio Gambin obtient un privilège dès 1574, puis à Nevers, où un autre Italien, Dominique Conrade, fonde des fabriques. La Bible, les Métamorphoses d'Ovide sont les principales sources d'inspiration de ces premières productions. Masséot Abaquesne s'installe à Rouen dans la première moitié du XVIe siècle et se spécialise dans les pavements (le premier est daté de 1542) et les panneaux muraux historiés. Par les routes maritimes qui relient alors l'Occident et l'Orient, des cargaisons de «bleu et blanc» chinois sont débarquées sur les côtes portugaises et hollandaises. Cette porcelaine, dure et translucide, fascine les Occidentaux. Pendant deux siècles, les potiers, ignorants du "secret", vont produire des céramiques "à la manière" de la porcelaine. Si dans un premier temps la tradition de la majolique se maintient à Rouen, Nevers, Lyon, Nîmes, Delft prend pourtant, dès le début du XVIIe siècle, la première place dans la production de la faïence. Faite d'une terre très fine, très blanche, la faïence de Delft est couverte d'une couche brillante, le kwaart, qui rappelle la coperta italienne. La Chine devient alors l'inspiratrice des formes et des décors, la majolique, production de luxe, est détrônée au profit d'une production d'usage dont la réputation et l'influence atteindront la France, l'Allemagne et l'Angleterre au XVIIIe siècle. À Nevers, la production originale naît au milieu du XVIIe siècle avec le décor persan et son fameux bleu lapis, obtenu par un émail teinté dans la masse au bleu de cobalt. À l'instar de Delft, Nevers pastiche les porcelaines chinoises et japonaises, mais perd vite son originalité, copiant dès le XVIIIe siècle Rouen puis les porcelaines de Saxe. À l'époque de la Révolution, la production nivernaise, que caractérisent ses faïences "parlantes", est d'une facture assez grossière. Il faut attendre le XVIIIe siècle, après les Poterat de Rouen, pour que les influences italiennes, nivernaises et de Delft soient abandonnées au profit d'un style original, avec broderies sur fond ou en réserve et décor rayonnant. C'est à Rouen également que dès 1699 est mis au point un "rouge de terre" en relief, non intégré dans l'émail, formé d'oxyde de fer mélangé à une terre argileuse très fine, appliqué après la cuisson et fixé au petit feu. Dès le XIIe siècle, la céramique minai de Perse avait introduit le décor peint par cuissons successives qui fixent à des températures inférieures les couleurs qui ne supportent pas le grand feu. La gamme des couleurs et les nuances ainsi démultipliées permettent des décors subtils proches de la miniature. La France du XVIIIe siècle s'engoue pour cette technique du feu de moufle où les pièces sont disposées dans des casettes afin de les protéger des flammes et des cendres. Marseille et Strasbourg, où Paul Hannong mélange les techniques, dominent alors la production céramique par l'originalité de leurs décors: fleurs et fruits de la veuve Perrin à Marseille, vert de cuivre un peu cru des chinoiseries et paysages d'Honoré Savy, à Marseille lui aussi (et bientôt protégé par Monsieur, frère du roi), fleurs des Indes et fleurs naturelles à Strasbourg, centre qui rayonnera jusqu'en Suisse et en Hongrie.
- La faïence fine : Sa pâte est blanche, fine, homogène et recouverte d'une glaçure transparente à base de silice et de plomb. Au XVIe siècle est fabriquée à Saint-Porchaire (aujourd'hui en Charente-Maritime) la "faïence d'Henri II", dont on connaît une cinquantaine de pièces, au décor géométrique, imprimé en creux sur l'argile molle avec une matrice puis peint, inspiré d'ouvrages de broderie. Toutefois, on considère que c'est l'Angleterre qui "inventa" la faïence fine. Restée à l'écart du mouvement italien puis hollandais et français, la céramique anglaise prend un essor rapide à la fin du XVIIe siècle: les potiers du Staffordshire mettent au point la faïence fine. D'abord élaborée à base d'argile dite «terre de pipe» ou d'argile blanchie par addition de silex calciné et broyé, la pâte est enrichie, à partir de 1755, de kaolin et de feldspath. Cuite à température beaucoup plus élevée que la faïence, la faïence fine reste blanche à la cuisson. Au milieu du XVIIIe siècle, à Douai, des Anglais introduisent les productions de Leeds et du Staffordshire, tandis qu'en Lorraine les Manufactures produisent, sous l'influence de Stanislas Leczinski, des pièces aux formes rocaille d'un beau blanc crémeux dépourvu de tout décor peint. Dans la région parisienne, la fabrique du Pont-aux-Choux prend le titre de "Manufacture royale des terres de France à l'imitation de celles d'Angleterre" : là aussi, la production reste monochrome, d'un blanc ivoiré. À Montereau, à Creil, à Choisy-le-Roi sont créées des fabriques dont la production ne résiste pas à la concurrence des produits industriels anglais.
- Filet : Léger bandeau de couleur ornant le bord d'un objet, souvent peint à la main.
- Fritte : On la fabrique par la fusion d'un mélange de silice et de sels alcalins et par le broyage de la substance vitreuse ainsi obtenue. Mélangée à de l'argile ou à de la marne, elle sert à la fabrication de la porcelaine tendre.
- Glaçure ou couverte : Terme désignant les matières vitreuses, incolores ou teintées, employées pour recouvrir les pâtes céramiques (application ou trempage) et les rendre imperméables aux liquides et corps gras. Il recouvre la pâte des faïences, des porcelaines, des faïences fines et des grès.
- Le grès : Poterie dure composée d’argile grasse additionnée de sable supportant 1200°C = argile siliceuse. Cet argile a un élément siliceux permettant une semi-vitrification. A la sortie du four, le grès est mat. Au XVe s en Allemagne, quand le four a atteint sa température, on jette du sel pour le rendre brillant, cet enduit vitreux s’appelle couverte. Les couvertes peuvent être colorées par des oxydes. On peut décorer le grès cuit avec sa couverte colorée en fixant des oxydes métalliques par une 2 cuisson à moindre température.
En France, Beauvais au 16e s, grès azurés = couverte relevée de bleu de cobalt.
En Angleterre, Wedgwood, le jaspe en 1775 = pâte dure très tendre et blanche, fine, très translucide dont l’aspect se rapproche de la porcelaine.
- Le grès au sel : Produit céramique particulier dont la glaçure est obtenue par l'introduction dans le four d'une certaine quantité de chlorure de sodium. Celui-ci, en se combinant avec le silicium de la pâte, forme une pellicule vitreuse de silicate de sodium, mince, incolore et très résistante. Les premiers grès au sel ont été produits en Allemagne au XVIe siècle.
- Kaolin : Argile pure, blanche, de consistance friable, donnant avec l'eau une pâte courte, c'est l'élément essentiel de la porcelaine dure. Il contient une forte proportion de silice et d'alumine et est presque dépourvu de fer.
- Majolique : Faïence à glaçure stannifère (à base d'étain) à lustre métallique, produite en Espagne et en Italie depuis le XIIIe siècle.
- Moufle : Compartiment du four en plaques chamottées à double paroi dans lequel les pièces lors de la cuisson sont protégées du contact direct de la flamme. Température maxima de cuisson.
- Pernettes : Petites pièces de terre cuite allongées en forme de trièdre, faites au moule ou à la main, pour supporter les faïences dans les cazettes. Pour les assiettes, par exemple, les pernettes s'enfonçaient de l'extérieur des cazettes alors cylindriques, par de nombreux trous prévus à cet effet. Elles étaient cassées après la cuisson et laissaient une trace sur la pièce à l'endroit du contact.
- Poncif : Le poncif (vient de la ponce d'origine volcanique) est un dessin (calque), aux contours troués régulièrement à l'aide d'une aiguille, tamponnés avec un sac de gaze rempli de poudre de charbon, ils laissent une trace évitant au décorateur la peinture à main levée. On peut aussi utiliser le poncif pour reproduire le dessin sur d'autres feuilles de papier. Le poncif est indispensable au grand feu. Il est également très largement employé au petit feu, surtout dans les décors en qualité contournée. Par contre, la qualité fine représentant un degré d'exécution supérieur, l'emploi du poncif est subordonné aux capacités de l'ouvrier.
- La porcelaine : La porcelaine tire son nom d'un coquillage nacré, baptisé en italien porcellana. On distingue deux sortes de porcelaines. La porcelaine tendre : elle n'est pas à base de kaolin, mais composée d'une argile calcaire et d'un mélange de silice, d'alumine, de soude et de potasse. Après une première cuisson (1000°C), le "dégourdi", elle reçoit une "couverte" plombifère. Cette porcelaine est relativement fragile et on peut la rayer au couteau. Sa translucidité permet des décors polychromes d'une grande subtilité. La porcelaine dure : c'est une céramique à base de kaolin mélangé à du feldspath et à du quartz. Cette pâte est délayée dans de l'eau et façonnée par tournage, moulage ou coulage. Elle subit une première cuisson, reçoit une couverte, et est recuite à forte température (1400°C). Le décor est alors appliqué avec des couleurs à base d'oxydes métalliques, puis fixé à basse température.
- Pot pourri : Vase décoratif qui a des parties ajourées soit sur le corps, soit sur le couvercle, et qui servait autrefois à parfumer une pièce en y mettant diverses sortes de fleurs et d'herbes odoriférantes à sécher, ou un mélange de parfums.
- Pot à oille : Grand récipient couvert, de section circulaire, à fond arrondi, sur pieds, posé sur un plateau ou un présentoir assorti pour le service du plat appelé oille ("ragoût des espagnols qui consiste dans un mélange de toutes sortes de viandes et de légumes et que l'on fait cuire dans une large marmite"). Le pot à oille en métal ou en porcelaine peut comporter une doublure intérieure de même matériau ou non. Les appellations "pot à oille" et "terrine" sont utilisées jusqu'au début du XIXe siècle.
- La poterie : Terre argileuse. Sa température de cuisson est de 600°C.
- Stannifère : Se dit d'un émail opaque, à base de d'oxyde d'étain choisi pour sa blancheur et qui dissimule la coloration de la pâte.
- Terre cuite : mélange d’argile et sable, poreuse.
Terres vernissées. Une poterie poreuse peut devenir imperméable grâce à :
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- Un engobe : terre à l’état liquide avec laquelle on recouvre l’objet qui a subit une cuisson de dégourdi (évapore l’eau, évite les déformation) à basse température.
- Les glaçures : enduits vitrifiables recouvrant la pâte obtenus grâce à des oxydes vitrifiant (silice), oxydes fondants (oxydes alcalins : soude, potasse), oxydes stabilisants (alcalino-terreux : chaux, magnésie). Ce sont des glaçures alcalines mais en ajoutant de l’oxyde de plomb servant de stabilisant on a des glaçures plombifères. La glaçure est une fine pellicule transparente qui se fixe à 700-800°C qui peut être coloré par des oxydes métalliques : bleu de cobalt, vert de cuivre, jaune d’antimoine, rouge de fer et violet de manganèse.
Les glaçures plombifères sont connues au Proche-Orient (2000 av JC). Les Grecs connaissaient les glaçures alcalines au Xe s av JC : décors géométriques à figures rouges et à figures noires.
Chine : décor de glaçure.
Décor gravé sur engobe et recouvert de glaçure : monde musulman et Beauvais et Saintonge (XVIe - XVIIe).
Décor d’engobe semi-liquide : Rouen (XVIe), engobe apposé au cornet (à pâtissier), engobe rouge et blanc recouvert de glaçure incolore ou coloré.
Terre sigillée : poterie romaine en relief recouverte de glaçure rouge, le décor à relief est obtenu par des moules estampés à l’aide de cachet.
Iznik (XIIe) : pâte siliceuse comportant un liant alcalino-plombeux, la pièce est recouverte d’un engobe blanc siliceux sur lequel on pose les couleurs, le tout est recouvert d’une glaçure alcalino-plombifère. Pâte siliceuse --> cuisson 1000°C. Or le rouge de fer ne se révèle pas à cette température donc bol arménien = engobe et oxyde de fer posé au pinceau.
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- Email stannifère : enduit composé à base d’oxyde de plomb et de silice, rendu blanc, opaque par la présence de sel d’étain. Il a pour but de cacher la couleur de la l’argile tout en rendant imperméable et lisse. Faïence = poterie + émail stannifère.
Techniques utilisées pour le décor des céramiques :
- Cuisson au grand feu : Les motifs sont peints directement sur l'émail cru à l'aide d'émaux/oxydes métalliques utilisés comme colorants qui sont aussitôt absorbés, puis la couverte et le décor sont cuits ensemble, à une température comprise entre 850 et 1000 °C pour la faïence et entre 1200 et 1400 °C pour la porcelaine. Aucune retouche n'est possible. Il y a cinq couleurs supportant cette température : le bleu (issu de l'oxyde de cobalt), le jaune (issu de l'oxyde d'antimoine), le vert (issu de l'oxyde de cuivre), le rouge (issu de l'oxyde de fer) et le violet (issu de l'oxyde de manganèse).
- Cuisson au petit feu : Cette cuisson permet de peindre le décor sur une pièce émaillée et cuite au grand feu, la surface est alors lisse et imperméable. Les couleurs se fixent à l'aide d'un fondant incolore par une troisième cuisson à plus basse température. L'artiste peut alors modifier les couleurs/teintes, retoucher son dessin, il peut aussi faire son décor en plusieurs étapes ou cuissons. Cette technique permet de réaliser des décors très élaborés à l'aide d'une large palette de couleurs et sont plus fins. Lors d'une cuisson au petit feu, on peut utiliser une couleur supplémentaire : le "pourpre de Cassius" obtenu par un précipité de sels d'or (procédé introduit en France par Paul Hannong - Strasbourg), ce rose à base de chlrorure d'or a été mis au point à Leyde par le chimiste Andreas Cassius (mort en 1763).
Faïence à reflet métallique : faïence de grand feu qui après cuisson présente une surface à reflet métallique argenté ou doré (cf. Xe s Egyptiens sur le verre, au XIIe Perse et XIVe Espagne et Italie). Sur la pièce déjà cuite, on pose au pinceau un mélange à base de cuivre et d’argent, la pièce est passée au four pour une cuisson en réduction (l’oxyde de carbone de la fumée réduit l’oxygène), cette fine pellicule sort noir, on l’essuie, la pièce brille. Reflet clair si teneur en argent importante et rouge s’il y a plus de cuivre.
Les différents décors :
- Décors d'animaux : cheval, poisson, canard col vert, lapin/lièvre, chien, cochon, autruche...
- Décors animés : Décor où figurent des personnages en mouvement, il peut s'agir de scènes de chasse, religieuses...
- Décors au ballon : C'est l'envol du 1er ballon en 1783 qui a été à l'origine de ce décor. La montgolfière a été inventé par les frères Montgolfier en 1782, après des débuts prometteurs, elles vont être supplantées par des ballons à gaz.
- Décors dit à la Berain : interprétation originale de l'antique décor à grotesque que la Renaissance à remis au goût du jour. Il est constitué d'arabesques auxquelles se mêlent des draperies, des architectures, des animaux chimériques ou réalistes, cariatides, des nains coiffés de chapeaux à plumes, inspirés du graveur CALLOT (1592-1632) caractéristique du décor Moustiers. Décor souvent symétrique.
- Décors à bord chatironné ou contourné : Mode de décor où l'on sommence par tracer les contours d'un trait noir au pinceau qui contenient les émaux de différentes couleurs. On utilise souvent avant cela un poncif.
- Décors de qualité fine : Le peintre réalise le décor en formant les volumes des motifs par des dégradés de couleur. Technique difficile. Il est possible d'utiliser des poncifs pour facilité l'éxécution du décor même si cela ets rare. Les pièces avec ce genre de décor sont à l'origine de la notoriété des faïenceries, elles ont toutes eu un ou plusieurs maître peintre qui pouvait au long de sa vie changer de manufacture au gré des évènements (fermeture, mécontentement...), des envies, des salaires et des mariages.
- Décors au chinois.
- Décors au coq.
- Décors à l'échantillon : Décor avec de multiples objets (voir exmeples à Rouen).
- Décors à la fabrique : Décor avec une construction, un bâtiment : maison, église, faïencerie...
- Décors à fleur de Solanée : Caractéristique de Moustiers, la fleur de pomme de terre est peinte en polychromie, seule ou en touffe sur l'aile ou encadrant un bouquet central. La pomme de terre n'étant pas encore connue dans la région à cette époque, c'était en faite des fleurs de jasmin sauvage.
- Décors floraux : à la campanule, au chèvrefeuille, à la corbeille fleurie (essentiellement à Rouen mais aussi à Quimper, Desvres, Nevers...), à la fleur de chicorée, aux fleurs des Indes (voir strasbourg et Chine), à la fleur de solanée/pomme de terre, à la grenade, à la haie, à la jacinthe, à l'oeillet (surtout utilisé dans l'Est de la France et Sud Ouest (Samadet)), à la pensée, à la rose, au sainfoin, à la tulipe...
- Décors à fond coloré : On peut trouver des fonds jaune, bleu, marron...
- Décors à la girafe : Décor commémorant l'arrivée en France de la 1ère girafe : Zaraffa (girafe femelle, âgée de deux ans et demi, capturée en Nubie). Elle a débarqué à Marseille en novembre 1826. Elle fut acheminée à pied vers la capitale pour y être présentée au roi Charles X. Elle arriva à Paris le 30 juin 1827. L'évènement fit sensation et un engouement s'ensuivit pour cet animal, dans la mode, la littérature, les bibelots : objets d'art... Elle vécut une vingtaine d'années au Jardin des Plantes de Paris. Elle a été empaillée et est visible à La Rochelle. C'est avec son arrivé que le décor à la girafe s'est développé en céramique après 1826.
- Décors de grotesques : Décor caractéristique de Moustiers, fait de petits personnages et animaux fantastiques (sortes de caraicatures) inspirés de Callot.
- Décors à la guivre : Décor représnetant un dragon chinois. Ce décor a été copié à partir d'un vase chinois (visible au musée de Rouen).
- Décors à la jonque : Décor avec des personnages dans une barque.
- Décors de lambrequins : motifs géométriques et floraux issus des travaux de l'ornementaliste Daniel MAROT, on les trouves sur l'entourage/bord des objets. Décors que l'on trouve surtout dans le Nord (Rouen, Lille...).
- Décors maçoniques : Décors avec les emblèmes de la franc-maçonnerie. Décors rares car les loges sont en général composées de personnes discrètes. La plupart des faïences avec ce genre de décor a été faites à Moustiers, de nombreux faïenciers y étais francs-maçons mais surtout il y avait aussi une forte demande des clients.
- Décors à la pagode : Maison chinoise.
- Décors des faïences parlantes : faïences avec des textes.
- Décors patronymiques : décor associant un prénom, un nom de famille et une date à une image, souvent la représentation du Saint patron du commanditaire. Au-delà de leurs qualités techniques ou esthétiques, les faïences avec ce genre de décor sont dites "parlantes" car elles nous parlent de leurs propriétaires, de leur fratrie, de leurs métiers, d’événements, nous racontent des concentrés de vie pleins d’humanité.
- Il est certain que les mariages, leur célébration ou leur commémoration, constituaient l’occasion principale des commandes d’assiettes patronymiques. On peut ainsi retrouver des paires dispersées, par comparaison directe entre les pièces (même date, même décor de bordure, même main de peintre, même écriture). D’autres assiettes associent dans un même espace deux saints (féminin/masculin), dont la conjonction n’a de sens qu’au regard du vécu d’un couple. Toutes ces assiettes étaient le plus souvent commandées en plusieurs exemplaires, le nombre peut varier de deux à six, voire exceptionnellement douze, et elles étaient offertes en cadeau aux proches. Enfin, il paraît évident que, dans un univers domestique pauvre en images, leur fonction était essentiellement commémorative et décorative, et que ces assiettes prenaient plutôt place dans le vaisselier (meuble avec étagères où l'on montrait la vaisselle en céramique essentiellement).
- Parmi les faïences patronymiques, on a aussi celles qui portent un texte et/ou un décor associés à un métier. Elles permettent ainsi de mieux cerner les groupes sociaux commanditaires de ces séries. Parmi eux, le clergé (curés, prêtres, vicaires), et les mariniers de Loire, voituriers par eau ou charpentiers de marine. Ces derniers constituaient une clientèle d’autant plus fidèle qu’ils étaient souvent apparentés aux faïenciers dont ils transportaient les produits vers Paris ou sur le bassin de la Loire. D’autres destinataires revendiquent si ostensiblement leur état : boucher, charpentier, cordonnier, meunier, notaire… que l’on assiste à une disparition de l’image du saint patron au profit d’une scène représentant leur profession. Témoins privilégiés de l’émergence de la classe bourgeoise, les faïences patronymiques se mêlent ainsi aux décors "à métiers" pour clamer les revendications identitaires d’artisans et de commerçants s’estimant insuffisamment reconnus…
Les preuves d’attribution de la presque totalité des faïences patronymiques à Nevers sont nombreuses : il existe au moins vingt-cinq pièces datées de 1727 à 1837 qui portent la mention "Nevers" soit sur la face soit au revers, ou dont l’attribution à Nevers peut-être garantie par les archives. D’autre part, l’origine des décors est bien attestée par le mobilier archéologique issu des fouilles de tessonnières des manufactures de Nevers. Au sein de ces manufactures (au nombre de douze au milieu du XVIIIe siècle), certains peintres-décorateurs se sont visiblement spécialisés dans la production de faïences patronymiques, comme le montrent les regroupements d’assiettes présentant de grandes similitudes dans les décors d’ailes, dans le traitement des effigies des saints, ou encore dans la graphie des noms et des dates. Chaque "série" ainsi repérée couvre une période pouvant aller jusqu’à cinq années, et met en évidence le savoir-faire d’un artisan qui, pour anonyme qu’il soit, n’en a pas moins réussi à fidéliser une clientèle exigeante.
- Décors de personnages : Madame Bernard (ou Marie Parfaite : femme du faïencier Jacques Henri Bernard, il semble qu'elle soit à l'origine du décor aux femmes élégantes), les femmes élégantes...
- Décors au portrait de personnes connues ou inconnues.
- Décors révolutionnaires : Décors souvent issus des périodes proches de la révolution.
- Décors au rocher percé.
- Décors de la royauté : On peut trouver 3 fleurs de lys, un couronne...
- Décors de scènes de chasse (voir Moustiers Clérissy).
- Décors de scènes galantes : décor de personnages souvent en couple, dans des scènes pouvant être jugé érotique à l'époque.
- Décors de scènes mythologiques (essentiellement à Nevers).
- Décors de scènes religieuses (essentiellement à Nevers et Delft).


